Ici, vous lirez des billets d’opinion, et rien d’autre : des textes assumés, situés, mais qui n’érigent ni manifeste ni ligne de parti. Un site engagé, qui revendique ses angles sans se confondre avec le militantisme ou le dogme. Pour une présentation détaillée de notre vision et de nos repères éditoriaux, voir la page consacrée à nos positions.
Portrait d’une gauche dépourvue de charisme
Convenons-en ensemble, le charisme n’est pas tout. La vision programmatique est et doit continuer d’être la base de l’adhésion. Il demeure que sans charisme, il nous semble impensable de pouvoir rassembler une France aussi divisée, voire cloisonnée.
Le charisme ou l’alpha et l’omega du candidat rassembleur
Il nous semble nécessaire de rappeler aux esprits une chose dont nous ne parlons plus que bien peu : le charisme. Eh oui, le charisme. Pouvoir répondre avec finesse, capter son auditoire…
Rappelons-nous des mots d’esprit brillants de François Mitterand, de l’assurance et l’éloquence de Christiane Taubira. Même dans une certaine mesure de feu Lionel Jospin, éminemment respecté par delà les clivages… Ceux-là étaient d’une autre espèce, celle qui impose une attention particulière, celle qui sait que pour être entendu, il faut d’abord être écouté.
Et aujourd’hui, qui, à gauche, peut prétendre être fait de ce bois ? Qui peut prétendre être audible par delà sa propre crémerie ?
Boris Vallaud, Olivier Faure ? Non, évidemment.
Marine Tondelier ou François Ruffin ? Dans une certaine mesure, peut-être… Mais dans une certaine mesure seulement. Et une certaine mesure, ça ne semble pas suffisant.
Non, à gauche, Jean-Luc Mélenchon est le seul à être fait de ce bois là, le seul. C’est un état de fait. Jean-Luc Mélenchon est un monstre de charisme, c’est absolument indéniable. Il est par ailleurs bien le seul à LFI.
Mathilde Panot et Manuel Bompard sont bien trop sur la réserve.
Ne tombons pas dans le grotesque en parlant de Louis Boyard, d’Éric Coquerel ou d’Ersilia Soudais.
Clémence Guetté ne parviendra pas à se défaire de son image de techno.
Sophia Chikirou est, dans une certaine mesure charismatique. Mais elle se noie dans les outrances et les dérapage, plus encore que son compagnon1 chef de parti.
Bally Bagayoko fait une arrivée fracassante dans la liste réduite de gens de gauche qui captent l’attention, aux côtés de David Guiraud. Nul doute qu’ils chercheront à être crédités sur l’affiche en 2027 (vous savez, dans les petites lignes sous la gueule en fleur des candidats).
Il demeure que le charisme n’est pas immuable. François Hollande en avait. En 2012, sa diatribe « moi Président » assommait Nicolas Sarkozy par sa force. Aujourd’hui il ne semble plus savoir comment faire.
La stature comme un certain sens de la vocation présidentielle
La vérité est cruelle, mais disons-le tout haut, le pouvoir donne le goût du pouvoir, et en avoir conduit à toujours plus en vouloir.
Hélas, Carole Delga est une très grande présidente de région, mais comme Valérie Pécresse, elle n’a pas vocation à concourir à l’élection suprême. Nicolas Meyer-Rossignol est un très bon édile, mais comme Jean-François Copé, il n’a pas vocation à concourir à l’élection suprême. Nous pouvons continuer longtemps, la liste est hélas bien longue.
Ce que nous cherchons à dire ici est simple : Clémentine Autain, Sandrine Rousseau, Fabien Roussel, Olivier Faure, Aurore Lalucq, Danièle Obono, Aymerci Caron, et tant d’autres, ont vocation à participer au renouvellement du logiciel de gauche, mais sans doute pas à représenter l’incarnation quasi-royale que les français hurlent exécrer en ne cessant de la réclamer.
Ce problème n’est pas l’adage de la gauche.
Dans la « Macronie », pensons à Yaël Braun-Pivet, Gérald Darmanin, Elisabeth Borne ou encore Aurore Bergé…
Chez les LR, à Wauquiez, à Barnier, ou dans une certaine mesure à David Lisnard…
Il demeure qu’à gauche, tout le monde rêve d’y aller, et tout le monde fait en sorte de pouvoir, sans jamais comprendre que les enjeux sont bien trop importants pour ne se résumer qu’à une querelle d’égos…
- Sophia Chikirou est députée de Paris, conseillère régionale d’Ile-de-France, et conseillère de Paris. Elle est aussi à la ville la compagne de Jean-Luc Mélenchon. Il ne s’agit en aucune façon de ne la réduire qu’à cela, seulement de dresser un constat. ↩︎