Valérie Glatigny ou une autre idée de l’exercice gouvernemental

Dans un monde saturé par le bruit et les insanités des leaders autoritaires ou illibéraux, Valérie Glatigny oppose la discipline de la tempérance. Face au tumulte provoqué par son décret-programme, la ministre de l’Éducation de la FWB choisit l‘explication de texte plutôt que l’invective ou le buzz à pas cher.
Une leçon de style et de retenue qui prouve qu’un studio de radio n’est pas un théâtre pour tout le monde.
Pour le fond, nous repasserons. Ici, nous saluons la forme.

Dans la série Paul et ses passions étranges, encensons aujourd‘hui Valérie Glatigny, ministre (MR) de l’Éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Dans un monde enseveli sous les tombereaux d’insanités et de propos orduriers déversés par des dirigeants autoritaires ou illibéraux — Poutine, Trump, et consorts — il est bon de se rappeler que cette idée de la politique et de la communication n’est pas partagée par tous.
Et ce n’est manifestement pas celle que se fait Valérie Glatigny.

Voyez vous-même : ces deux interviews sont d’un calme et d’une tempérance qui font du bien. Le calme des intervieweurs face au calme de l’interviewée. Nous sommes dans un studio de radio, pas sur les planches d’un théâtre.

La ministre de l’Éducation de la FWB est au cœur de l’actualité en Belgique francophone en raison du vote de son très discuté — euphémisme — décret-programme.

Et, même si nous ne partageons pas les solutions qu’elle cherche à apporter, c’est un véritable plaisir que de l’écouter en faire le service après-vente, pour une raison simple :
Il n’y a pas une attaque frontale. Manifestement pas de véritable dogme. Pas de volonté de parler plus fort que l’autre. Pas de grand slogan. Pas de mots destinés à cristalliser ou diviser. Pas de recherche du buzz à pas cher.
Non. Simplement de l’explication de texte.
À sens unique, évidemment — mais c’est bien là le sens de l’exercice. Elle défend son texte, sa vision de la politique dont elle a la charge, sans tomber dans l’invective ni dans cette théâtralisation devenue le réflexe navrant de tant de politiques.
Et c’est tout à son honneur, dans un monde où la brutalisation de la parole semble non seulement acceptée, mais aussi, hélas, de plus en plus revendiquée.

Pour le fond, nous repasserons. Ce n’est pas le sujet de « Dans la forme ».

Pour comprendre (très) rapidement les principaux enjeux de ce décret-programme :